.Emile Boirac (1851-1917) agrégé de philosophie en 1874 fut recteur de l'Académie de Grenoble en 1898 et de l'université de Dijon en 1902. Il présida le 1er congrès universel d'Espéranto à Boulogne sur mer (France) en août 1902 et dirigea l'Académie d'Espéranto

Rapport du Président du Comité Linguistique au Congrès d'Espéranto 1908
de Emile Boirac
section III-IV (concernant la Délégation pour une langue auxiliaire internationale)

III

A cours de l'année 1900, Messieurs Leau et Couturat fondèrent une Délégation pour l'Adoption d'une Langue Auxiliaire Internationale. Selon les règlements de cette fondation, " le choix de la langue auxiliaire devait être fait par l'Association Internationale des Académies, ou si cette association était non consentante, par un Comité spécial choisi par la Délégation.".

A la fin de l'année 1906, la Délégation a envoyé à l'Académie Impériale des Sciences à Wien une lettre demandant qu'elle inscrive la question d'une langue internationale à l'agenda de l'Association Internationale des Académies, qui devait avoir sa réunion triennale à Vienne en 1907. Mais cette Association a décidé qu'elle n'était pas compétente pour étudier et résoudre cette question.
En conséquence, la Délégation eut un comité spécial choisi pour remplir le but entrepris.
Lorsque, avant cette élection, M.Couturat m'a demandé d'accepter d'être placé sur la liste de ses candidats pour le comité, j'ai d'abord eu l'intention de refuser pour les deux raisons suivantes:
1) du fait que j'étais un officiel gouvernemental, et n'avait pas la liberté nécessaire pour venir à volonté à Paris, et quitter mon poste pour une période indéfinie, je craignais de ne pas être capable de participer effectivement aux discussions et décisions du Comité, alors que je semblerai les approuver et les cautionner de mon nom.
2) deuxièmement, je me demandais pourquoi M.Couturat me voulait si fortement, le président du Comité Linguistique espérantiste, pour entrer dans ce comité de la Délégation malgré l'absence de parti pri qu'il avait promis pour tous les langages en compétition, et je prévoyais qu'il essaierait plus tard, si cela était utile pour son entreprise, de me montrer au public non comme un des membres du comité choisi par la Délégation, ayant les mêmes droits que tous les autres, responsable seulement de son propre opinion personnel, mais comme Président du Comité Linguistique, responsable de l'opinion de ses collègues et représentatif de l'entière communauté espérantiste.

Ainsi avant d'accepter la proposition risquée de M.Couturat, j'ai demandé l'avis de notre Maître et de quelque amis authorisés leur expliquant la raison de mon indécision. Ils étaient d'avis que ma présence au Comité de la Délégation pourrait, en dépit de toute chose , être utile pour notre affaire, et je rapportais. Le Comité s'est réuni du 15 au 24 octobre 1907. Vous savez qu'il a étudié de nombreux projets de langues internationales et que l'Espéranto lui a été présenté par M.de Beaufront. Vous savez aussi que parmi d'autres sur la table (1) de la salle de réunion il y avait un nouveau projet signé "Ido" et que le Comité a finalement adopté , à l'unanimité, la décision que j'ai communiqué aux membres du Comité linguistique dans la 7ième circulaire.
Durant ces réunions, les faits malheureusement ont montré que ma double crainte, décrite au-dessus , était juste.
D'abord j'ai eu la possibilité de rester à Paris pour seulement 8 jours pour une affaire privée., donc je n'ai pu vraiment être présent qu' à très peu de réunions et ai dû prendre M.Moch comme représentant ; sans avoir même assez de temps pour m'entretenir utilement avec lui.
Deuxièmement des tactiques de M.Couturat déjà ont prouvé être comme je les avais prévues; et donc elles restèrent même après que le Comité s'est dissous. Seulement si nous étions aveugles M.Moch et moi, pourrions nous avoir manqué de voir que pour les remerciements aux actions de M.Couturat le Comité étaient divisés en deux parties, les non-Espérantistes qui ont trouvé bien d'être consulté séparémment dans des réunions restreintes prévues à l'avance (2), et les Espérantistes qui étaient reçus comme si c'était une faveur de consultation générale, seulement après que les autres avaient déjà décidé.
Le jour où je n'ai pas pu rester plus longtemps incertain de cela (3), j'ai protesté publiquement et même quitté la réunion. Par crainte que j'ai définitivement quitté le Comité, une des secrétaires (4) m'a été envoyé pour me demander de revenir, et j'ai regretté beaucoup de n'avoir pas refusé d'autres participations à une telle comédie.
Continuant les mêmes tactiques, M.Couturat prétendait croire que M.Moch m'a représenté non pas en tant que membre du comité de la Délégation mais en tant que président du comité Linguistique et qu'il avait le pouvoir d'accepter, en mon nom et en celui du Comité Linguistique pour une période limite inchangeable de un mois pour accepter ou refuser le projet Ido. Lorsque je fus informé de cette intolérable demande, j'ai immédiatement écrit au président du Comité de la Délégation pour attirer son attention au fait que M.Moch et moi appartenions au Comité de la Délégation seulement comme individus élus par les délégués et pas du tout comme président ou comme membres du Comité Linguistique et que en conséquence on devait officiellement me demander, comme président du Comité Linguistique, si j'étais d'accord avec la période limite proposée (pas fixée). Mais rien aidait. De même, dans de nombreux Progreso (5), dans des lettres envoyées à des journaux variés, M.Couturat n'oublie jamais de faire ressortir que les décisions du Comité de la Délégation étaient officiellement acceptées par le président du Comité Linguistique au travers de son représentant.
M.Couturat sait très bien que lorsqu'il m'envoyait les comptes-rendus des réunions planifiées du Comité de la Délégation, je lui répondais immédiatement avec la note suivante sous le titre "Remarques personnelles".
Je dois faire ressortir que lorsque j'ai cessé d'être présent aux réunions du Comité, au matin du 24 octobre, rien ne me laissait prévoir que la réunion du soir serait la dernière. C'est pourquoi j'avais demandé à mon représentant M.Moch de m'envoyer après chaque réunion - je pensais qu'ils allaient continuer jusqu' à la fin de la semaine - un court sommaire des discussions afin que je puisse me mettre d'accord avec lui sur les propositions qui seraient présentées plus tard. Si j'avais été présent, j'aurai demandé , un , que ce Comité accomplisse l' étude annoncée dans une de ses décisions sur la question du champ de ses compétences; deux, que le projet Ido -- un projet improvisé par une personne inconnue durant toute la durée des réunions elles-mêmes -- ne soit pas nommé dans la décision finale; trois, que les mots " à réaliser" soient remplacés dans le texte de la décision par les mots " à définir ", " à fixer" ou autres avec le même sens -- En plus, si j'avais été présent aux réunions dans lesquelles ces points étaient discutés, j'aurai défendu l'accusatif, l'accord de l'adjectif avec le nom, et la table établie des "mots inchangeables" .
M.Couturat répondit à cette note qu'il ne pouvait pas mettre dans les comptes-rendus des observations de faits qui n'apparaissaient pas ; mais qu' il pourrait seulement informer que M.Boirac n'était pas personnellement présents aux réunions dans lesquelles les points cités dans la note mentionnée ci-dessus furent discutés et votés . Cependant il n' a pas réellement ajouter cette dernière information aux comptes-rendus bien qu'il imprima un verbatim de toutes les remarques de mon représentant M.Moch -- En outre il protesta du fait que le projet Ido fut improvisé par une personne inconnue durant la période des réunions du Comité, m'assurant que le projet dont lui et d'autres membres du comité connaissaient très bien l'auteur mais ne pouvaient pas le nommer , avait déjà été établi avant que le Comité ouvre ses réunions (6) -- Pour sa part le président Ostwald répliqua que le Comité ne pouvait pas être concerné par la différence de mes opinions avec ceux de mon représentant, cequi était un problème privé entre nous, et qu'en conséquence les comptes-rendus ne pouvaient pas faire de place à mes observations -- Ainsi il devenait impossible de proclamer que "les décisions du Comité étaient prises à l'unanimité", donc avec le vote de M.Boirac.
La vérité est que moi et mon représentant étions présents -- comme, en plus, la majorité des membres du Comité -- à un très habile jeu de partage dont les scènes étaient dirigées en coulisse par deux ou trois personnes.
Nous savons maintenant en fait que ni M.Moch ni moi étions capables de suspecter, que le projet Ido avait été préparé et définit depuis longtemps pour être choisi par le Comité, et que l'auteur de ce projet, un des principaux conspirateurs, était l'homme choisi par le Docteur Zamenof pour le représenter et défendre sa création, un homme vu par tous les Espérantistes comme un des conservateurs les plus strictes, qui n'a jamais utilisé son influence sur le Maître et son autorité sur les Espérantistes, depuis plus de 20 ans, pour prononcer le plus petit mot au sujet des réformes possibles -- Je me souvient que lorsque je voyais sur la table du Comité , après Spokil, Bolak, Dilpok, Apolema, etc. la brochure Ido, j'avais naïvement demandé à M.Couturat quel était cette nouvelle langue et si son auteur viendrait aussi devant le Comité pour parler de son système en détail, il n'a pas répondu directement mais avec un embarrassé sourire a dit : " La prochaine apparition sous le même titre d'un " Exercices" et d'un "Dictionnaire" était annoncée "-- Après j'ai essayé en vain, comme président du Comité Linguistique, et au nom de mes collègues, de recevoir des explications au sujet de la personne de l'Ido, lui rappellant que les règlements de la Délégation interdisaient à l'auteur de projets de langue d'être membre du Comité (7).
Le Président Ostwald m' a répondu qu'il avait reçu des assurances des secrétaires qu'ils connaissaient l'individu Ido et qu'il n'était pas l'un d'eux ni un des autres membres du Comité , et que en outre il avait complètement le droit de présenter son travail sous un faux nom juste comme le Docteur Zamenhof l'a fait pour l' Espéranto (8).
Très probablement l'intention originale des conspirateurs était d'assurer que le Comité de la Délégation adopte l' Ido directement -- sans parler de l'Espéranto, ou le rejetant avec les autres langues en compétition; mais il était craint que de cette manière le public serait surpris par la présentation d'un projet complètement nouveau et totalement inconnu; en outre ils ne seraient pas capable d'acquérir par eux-mêmes la force morale et le ressources matérielles que l' Espéranto possédait déjà. Ainsi il était décidé d'adopter l' Espéranto en principe ou, plus correctement , apparemment , plutôt que de garder l'intention d'imposer réellement l'Ido juste comme il avait émergé de la tête de son créateur. Ainsi il y avait le semblant désir d'obtenir l'agrément du Comité Linguistique, mais en réalité toute chose possible était faite de façon que l'agrément ne pourrait pas survenir, sauf comme une immédiate et complète reddition du Comité Linguistique aux demandes des Idistes.
J'ai, comme preuve de l'existence d'un tel plan, les rapports de M.Couturat lui-même. Immédiatement après les dernières réunions du Comité ( 28 octobre) le Docteur Zamenhof reçu une lettre de lui dans laquelle le plan était montré tout nu et sans honte .
" Rien n'a cependant été décidé concernant le nom de la langue adoptée. Si les Espérantistes l'accepteront , elle pourrait être nommée "Espéranto sans supersigne" ou simplement "Espéranto"; et le Comité sera heureux de reconnaître de cette manière que vous êtes son premier et principal auteur et de faire justice à votre beau travail qu'il admire. Dans le cas opposé, il sera obligé de donner à la langue un autre nom, "Auxiliario" par exemple, et de laisser à l'histoire non partisane la tâche de définir votre part dans sa création. Mais tout nous conduit à espérer qu'un accord sera trouvé entre les deux organisations sur la base définie conjointement par les conclusions de notre rapport et par le projet Ido ( qui est ni de M.Leau ni de moi)". (9)
Cette lettre montre très clairement que lorsque le Comité de la Délégation a décidé de trouver un accord avec le Comité Linguistique, ceci simplement signifie que il était en train d'essayer d'imposer le projet Ido au Comité Linguistique, menaçant, si le Comité Linguistique ne l'accepte pas, de créer un schisme et faire de ce projet là une nouvelle langue en compétition, afin de ruiner le travail de Zamenhof. En outre, à ce moment, nous devons penser que les manuels, exercices et dictionnaires de cette nouvelle langue étaient déjà complètement prêts, parcequ'ils sortaient d'impression quelques mois plus tard et que l'intervalle n'aurait pas été suffisant pour les corriger et les imprimer.
Après ces premières explications, je dois montrer comment le Comité de la Délégation a essayé de trouver un accord avec le Comité Linguistique, et ce qu'était les relations entre les deux institutions.

(1) J'utilise les mots de M.de Beaufront, dans une de ses lettres, écrite pour moi en novembre 1907: "un ouvrage trouvé sur une table."
(2) Par exemple, lorsque la Note référencée au Compte-rendu des travaux du Comité, page 17, était discutée.
(3) Au matin du 24 octobre.
(4) M.Leau qui a pris des mesures pour me trouver au Secrétaire du "Collège de France".
(5) Le magazine Progreso, qu'il a publié, sans autorisation comme organe officiel de la Délégation.
(6) "Nous l'avons reçu le jour même où le Comité a commencé ses séances." (Lettre de M. Couturat à M. Boirac, 5 Décembre 1907). Ainsi M.Couturat souhaite que nous ne puissions pas douter du problème de collaboration entre M.Ido et les dirigeants de la Délégation , organisée longtemps avant.
(7) Qui n'a pas, cependant, empêché M.de Beaufront d'être présent à la dernière réunion (voir Compte rendu des travaux du Comité, p. 25) dédiée à la discussion du projet Ido -- son projet!-- "comme une personne invitée en raison de ses compétences linguistiques" -- et d'être ,finalement, ajouté à la Commission Permanente à cause de sa compétence spéciale (!).
(8) Note de traduction: Les circonstances, cependant, semblent être tout à fait différentes, parce que où l'Ido utilise apparemment un pseudonyme dans un sérieux effort pour cacher son identité (apparemment malgré l'incompréhension de Boirac, Couturat lui-même, outre ses assurances, était "Ido"), Zamenhof, dès le "Unua Libro", incluait son propre nom et adresse comme contact personnel -- pas seulement sur la page de titre.
(9) Note de traduction: Notez qu'aucune mention n'est faite ici de la décision du Comité de la Délégation : seulement du rapport soumis au Comité par Couturat et Leau e du projet Ido, aussi par Couturat.

IV

Dans les derniers jours d'octobre j'ai reçu du Professeur Ostwald, président du Comité de la Délégation, une lettre non datée par laquelle la décision du Comité de la Délégation " pour adopter en principe l'Espéranto… sous condition de plusieurs changements à réaliser par la Commission Permanente, selon le sens défini par les conclusions du rapport des Secrétaires du Comité et par le projet Ido, essayant d'aboutir à un accord avec la Comité Linguistique espérantiste". Le Professeur Ostwald ajoutait qu'il exprimait le désir que l'étude des changements proposés soit aussi rapide que possible.
J'ai répondu à cette lettre, officiellement , notant la préférence donnée en principe à l'Espéranto par le Comité de la Délégation, protestant par avance au sujet du droit que le Comité semblait s'adjuger à lui-même pour provoquer dans l'Espéranto sous sa propre autorité les changements qu'il pensait nécessaire; précisant que l'étude pourrait ne pas être aussi rapide qu'on pourrait le souhaiter, à cause des obstacles matériels et parce que cette importante question demandait une étude approfondie.
Immédiatement après avoir envoyé la lettre au Professeur Ostwald, j'ai reçu d'un des Secrétaires du Comité de la Délégation , M.Couturat, une lettre datée du 2 novembre, dans laquelle il me racontait qu'il venait juste d'envoyer 25 copies du projet Ido, que les changements que la Commission Permanente devait y faire étaient de si petite importance qu'il préférait attendre les propositions du Comité Linguistique, et que la Commission Permanente avait abouti à un accord avec le représentant du président du Comité Linguistique, M.Moch [1], qu' une durée limite d'un mois suffisait pour étudier ce projet, et qu'en conséquence il espérait avoir une réponse définitive avant le 5 Décembre.
J'ai répondu à M.Ostwald pour protester à cette lettre étonnante, en lui disant qu'en parlant d'une durée limite d'un mois M.Moch avait seulement exprimé son opinion personnelle qui ne pouvait pas tenir le Comité Linguistique et que, en outre, lorsque ayant dit cela il supposait (selon des promesses qui lui ont été faites mais non réalisées ) que la tentative d'aboutir à un accord serait faite d'une manière tout à fait différente de celle qui a été prise.
Au même moment j'ai informé le Comité Linguistique de ces occurrences et j'ai envoyé le projet Ido à plusieurs membres du Comité et reçu leurs opinions à ce sujet.
J'ai aussi rassemblé les réponses des membres du Comité Linguistique à la circulaire 7, dans laquelle je leur demandais, non pas un vote définitif (comme il a été erronnemment rapporté) mais seulement une consultation générale sur le problème, avec le seul but de me guider. Ceci est d'autant plus vrai que en rapportant sur le résultat de cette consultation (circulaire 11) et ayant constaté que la majorité des membres du Comité étaient d'avis que nous ne devions pas traiter avec la Délégation, j'ai proposé néanmoins au Dr. Zamenhof de continuer sa correspondance avec le Prof.Ostwald. Ceci montre que le président du Comité Linguistique a fait tout en son pouvoir pour aboutir à un accord.
Mais malheureusement durant l'écriture de cette circulaire, bien que le Président du Comité Linguistique avait très fermement déclaré qu'il ne pourrait pas consentir à une durée limite d'un mois et avait simultanément informé que les propositions du Comité de la Délégation étaient réellement à l'étude, sur sa commission, par divers membres et rapporteurs volontaires, malgré cela, immédiatement après un mois, le Président Ostwald m'écrivait -- non pas pour me demander si je serai bientôt capable de lui donner une réponse, mais pour déterminer que le temps limite fixé s'était écoulé et qu'en conséquence la Commission Permanente se considérait elle-même libre d'agir indépendamment du Comité Linguistique et de se tourner directement vers le public avec son invention -- qu'est publiée dès maintenant la nouvelle langue et commencée la guerre fraternelle ou plus exactement filiale de l'Ido contre l'Espéranto. Je lui ai demandé en vain de ne pas agir d'une manière aussi tranchante et abrupte. Il m'a répondu que la Commission Permanente n'empêche pas le Comité Linguistique de lui envoyer à l'avenir toute observation ou proposition , à sa convenance, mais que la Comission Permanente était dès maintenant tournée vers le public et prendrait soin elle-même, toute seule, indépendamment des institutions espérantistes, de la présentation et de la diffusion de sa création.
Ainsi que pourrais-je répondre sinon que, aussi, le Comité Linguistique reprenait sa liberté et refusait de lier l'avenir de l'Espéranto avec les décisions du Comité de la Délégation? J'ai fait cela dans une lettre reprise dans la circulaire 13.
Du reste, j'ai en aucune manière l'intention de me plaindre au Président Ostwald qui -- je suis tout à fait certain de cela -- a agit avec une pleine bonne foi et à qui par coutoisie je le proclame fortement ; mais d'autres personnes abusant de son inévitable ignorance au sujet du fond de l'affaire -- comme, en outre, ils ont fait à toute la Délégation -- ont conduit secrètement l'entreprise au but qu'ils avaient fixé à l'avance. Il se peut que le président Ostwald s'en soit rendu finalement compte et que cela soit sans relation avec sa résignation à la présidence du Comité de la Délégation.
D'un autre côté, à cause du fait que le Comité Linguistique n'a pas d'organe officiel pour publier ses décisions et ses actes et du fait que les magazines existants, si favorisant les conspirateurs déguisés et légèrement indifférent au sujet de l'affaire de la Délégation , croient à tort ou à raison qu'elle était insignifiante et que ce serait inutile d'y attacher de l'importance avec un […] rapport soit maintenu en silence ou très peu évoqué au travers des circulaires du Président du Comité Linguistique, il se développait finalement que les Espérantistes restaient totalement ignorant de ce qui s'était passé entre la Délégation et le Comité Linguistique; et petit à petit, merci aux cris éternels des Idistes, la légende a été établie partout que le Comité Linguistique avait été le premier à rompre les discussions avec la Délégation -- alors que la vérité est tout à fait à l'opposé, comme je ai prouvé au-dessus que le Comité de la Délégation avait rompu le premier.
Pour conclure ce long rapport , je dirai que , selon mon opinion, la Délégation aurait mieux agi, et aurait pu réussir, si, au lieu de favoriser, à cause d'une excessive faiblesse des secrétaires, un complot secrètement organizé pour faire tomber le Docteur Zamenhof et le Comité Linguistique dans un piège, il avait seulement demandé poliment au Comité Linguistique de considérer attentivement les améliorations qu'il proposait. Alors sans aucun doute le Comité Linguistique aurait étudié les propositions du Comité de la Délégation avec l'entière appréciation dû à de telles éminences comme M.Foster, Ostwald, Baudouin de Courtenay, Jespersen etc; mais, tout au contraire, ils souhaitaient violemment [nous] imposer leur système, hâter l'affaire , enlever un accord par surprise. De telle manière qu'il reste maintenant les deux conspirateurs, Messieurs de Beaufront et Couturat -- avec l'honorable professeur M. Jespersen, qui parce qu'il est un simple scientifique remarque seulement le côté linguitique de la question, oubliant qu'en pratique les affaires sont plus complexes qu'en théorie, et que des considérations morales souvent ont plus d'importances que les considérations scientifiques [2].

(1) Note de traduction: Notez ici encore la prétention de la part de M. Couturat que Boirac était de façon ou d'autre un représentant du Comité Linguitique comme membre de la Délégation , et que M.Moch de façon ou d'autre héritait ce droit de représenter le Comité Linguistique.
(2) Nous savons que M. Foster qui avait été demandé avec insistance, retardait simplement sa démission qu'il a récemment donné.


Circulaire 7 au Comité Langue
De Emile BOIRAC
Paris le 6 novembre 1907


Cher collègue,

J'ai juste reçu de M.Ostwald, Président du Comité de la Délégation, l'information suivante, écrite en français, que je traduits en espéranto.
" Le Comité a décidé qu'aucun des langages soumis à son examen peut être adopté dans son intégralité et sans changement. Il a décidé d'adopter en principe l'Espéranto, en raison de sa relative perfection et à cause des nombreuses et diverses applications qu'il a déjà engendré, sous condition de plusieurs changements à réaliser par la Commission Permanente, dans le sens défini dans les conclusions du rapport des Secrétaires du Comité et du projet Ido, tout en essayant d'arriver à un accord avec le Comité Linguistique espérantiste."
La Commission Permanente mentionnée est consistée de Messieurs Ostwald, président, Beaudouin de Courtenay, de Beaufront, Jespersen, membres; Couturat and Leau, secrétaires.
De plus, M. Ostwald a exprimé le souhait que le Comité Linguistique étudie aussi rapidement que possible " le projet d'une langue adoptée" que la Commission Permanente précitée lui présentera bientôt.
J'ai envoyé à M.Ostwald une confirmation de réception de son information , notant officiellement la décision du Comité de la Délégation d'adopter en principe l'Espéranto, mais contestant par anticipation le droit que cette décision semble adjuger à la Commission Permanente pour réaliser sous sa propre autorité les changements qu'elle considère nécessaires.
Concernant le souhait de procéder aussi vite que possible, j'ai souligné à M.Ostwald qu'une telle importante affaire ne peut pas être étudiée en un instant et que j'avais aussi besoin d'assez de temps pour correspondre avec le docteur Zamenhof et les membres du Comité Langue du monde entier.
Vous vous rappelez certainement qu'au Congrès de Cambridge le Comité Langue avait commissionné Messieurs de Beaufront, Christaller, Jamin et Rhodes pour consulter avec moi au sujet de l'affaire de la Délégation. Parce que M.de Beaufront avait accepté, d'un autre côté, de devenir membre de la Commission Permanente du Comité de la Délégation et parce qu'il se peut que quelques membres du sous-comité choisi ne pouvaient pas venir à Paris, je propose que vous me permettiez de remplacer M.de Beaufront et les personnes absentes avec d'autres membres du Comité Langue que je choisirai parmi les individus suivants : Bein, Bourlet, Cart, Fruictier, de Lengyel. Je propose aussi que le comité en cas de besoin soit capable d'entendre des individus compétents extérieurs au comité, sur des affaires grammaticales ou techniques par exemple Messieurs Aymonnier, Bricard, de Saussure, Verax.
S'il vous plaît répondez à cette dernière proposition sans délai et en même temps communiquez moi votre avis au sujet de la décision du Comité de la Délégation.
Avec sincère respect.

 La prezidero di Linguala Komitato
  E. Boirac


Raporto di Prezidero di Linguala Komitato al Esperanto-Kongreso 1908
da Emile Boirac
seciono III-IV (pri la Delegitaro por helplinguo internaciona)

III


Dum la yaro 1900, Siori Leau e Couturat fondis Delegitaro por l’Adopto di Helplinguo Internaciona. Segun la regularo di ca fonduro, « la selekto dil helplinguo devis facesar dal Asociitaro Internaciona di Akademii, o se ca asociitaro esis ne konsentanta, da speciala Komitato selektata da la Delegitaro ».

Ye la fino dil yaro 1906, la Delegitaro sendis al imperiala Akademio di Cienci en Wien letro demandante ke ol enskribas la questiono di linguo internaciona en l’agendo dil Asociitaro Internaciona di Akademii, qua devis havar olua triyarala kunsido en Vienne dum 1907. Ma ca Asociitaro decidis ke ol ne esis kompetanta por studiar e solvar ca questiono. Konseque, la Delegitaro havis speciala Komitato selektita por satisfacar la skopo entraprezita.
Kande, ante ca elekto, S.Couturat demandis a me aceptar placesar en la listo di sua kandidati por la Komitato, me unesme intensis refuzar pro la du sequanta motivi :
1) pro ke me esis oficiala guvernisto, e ne havis la necesa libereso por venar segunvole en Paris, e livar mea ofico dum nedefinata periodo, me timis ne esar apta partoprenar reale diskuti e decidi di Komitato, kande me semblus aprobar oli e kaucionizar oli per mea nomo.
2) duesma, me demandis a me pro quo S.Couturat deziris me tante forte, la prezidero di Linguala Komitato esperantista, por enirar ca Komitato di la Deligitaro malgre l’absenteso de prejudiko quan il promisis por omna lingui en konkurso, e me previdis ke il probos plu tarde, se ito esus utila por sua entraprezo, montrar me a la publiko ne kom un di membri di Komitato selektita da la Delegitaro, havante la sama yuri kam omna altri, responsiva unike pri sua personala opinionno, ma kom Prezidero di Linguala Komitato, responsiva pri l’opiniono di sua kolegi e reprezentiva pri la tota esperantista komuneso.





Tale ante aceptar la propozo riskata di S.Couturat, me demandis l’avizo di nia Mastro e di kelka amiki yurizata explikante a li la motivi di mea nedecideso. Ili opinionis ke mea prezenteso en la Komitato povus, malgre omno, utilesar por nia afero, e me raportus. La Komitato kunsidi de la 15-ma til la 24-ma di oktobro 1907. Vu savas ke ol studiis multa lingui internaciona projeti e ke Esperanto prizentesis da M.de Beaufront. Vu savas anke ke inter altri sur la tablo (1) di la kunsideyo esis nova projeto signita "Ido" e quan la Komitato fine adoptis unanime la decido quan me komunikis a la membri di linguala Komitato en la 7-ma cirkulero.


Dum ca kunsidi, la fakti desfortune montris ke mea duopla timo, deskriptita supere, esis justa.
Unesme me havis la posibleso restar en Paris nur dum 8 dii por privata afero, do me povis reale asistar tre poke kunsidi e devis prenar S.Moch kom reprezentero, sen havar mem sat tempo por konversar kun lu.
Duesma taktiki di S.Couturat pruvis ja esar quale me previdis oli, e do oli restis mem pose ke la Komitato disolvesis. Nur se ni esis blinda S.Moche e me, ka ni povus mankar vidar ke pri la danki pro agi di S.Couturat la Komitato esis partigata duime, la ne-Esperantisti qua standis bone konsultesar separe en kunsidi restriktata previdita de ante (2), e la Esperantisti qua esis aceptata quale se esus favoro de generala konsulton, nur pose ke la altri ja decidabis.
La dio kande me ne povis esar plu longtempe certa pri to (3), me protestis publike e mem livis la kunsido. Pro timo ke me livis definitive la Komitato, un di sekretariino (4) sendabis a me por demandar a me rivenar, e me regretis multe ne refuzir altra partopreni a tala komedio.




Durante la sama taktiki, S.Couturat pretendis kredar ke S.Moch reprezentis me ne kom membro di Komitato di la Delegitaro ma kom prezidero di Linguala Komitato e ke il havis la povo aceptar , per mea nomo e tale per olta di Linguala Komitato, periodo limitizita ne-chanjebla de un monato por aceptar o refuzar la projeto Ido. Kande me informesis pri ca ne-tolerebla demando, me quick skribis a la prezidero di Komitato di la Delegitaro por atraktar sua atenco pri la fakto ke S.Moch e me apartenis a la Komitato di la Delegitaro nur kom individuo elektita da la delegiti e ne kom prezidero o kom membri di Linguala Komitato e ke konseque on devis demandar oficiale a me, kom prezidero di Linguala Komitato , se me kunkordis kun la limitizita periodo propozita (ne fixita). Ma nulo helpis. Same, en multa Progreso (5), en letri sendita a diversa jurnalin S. Couturat nultempe oblivias precizigar ke la decidi di Komitato di la Delegitaro esis oficiale aceptata da la prezidero di Linguala Komitato tra mea reprezentero.



S. Couturat savas tre bone ke kande il sendis a me la raporti di kunsidi projetita di Komitato di la Delegitaro, me quick respondis a lu kun la sequanta noto sube la titulo « Remarki personala ».
Me devas precizigar ke kande me cesis prezentesar a la kunsidi, matine 24-ma di oktobro, nulo lasis me previdar ke la kunsido di vespero esus la lasta. Esas pro quo me demandabis a mea reprezentero S.Moch sendar a me pose omna kunsido – me pensis ke li durus til la semano-fino – kurta rezumo di diskuti por ke me povez kunkordar kun lu pri la propozi qua esus prezentata plu tarde. Se me esabus prezenta, me demandabus, unesma, ke ca Komitato parfacar la studio anuncita en un di olua decidi pri la quetiono di feldo di olua kompetenteso, duesma, ke la projeto Ido – projeto improvizata da persono ne-konocata dum la tota duro di kunsidi – ne esez nomata en la fina decido, triesma, ke la vorti « exekutor » esez remplasata en la texto di la decido per la vorti « definor », « fixigor » o altri kun la sama senco – Pluse, se me asistabus kunsidi dum olqui ca punti diskutesis, me defendabus l’akuzativo, l’akordo dil adjektivo kun la substantivo, e la tabelo fixesita di «vorti ne-chanjebla ».


S.Couturat respondis a ca noto ke il ne povis skribar en la raporti observi di fakti qua ne eventis, ma ke il povus nur informar ke S.Boirac ne asistis persone kunsidi dum olqui la punti citita en la noto mencionita supere diskutesis e votesis. Tamen il ne adjuntis ca lasta informo a la raporti malgre ke il imprimis « verbatim » de omna remarki di mea reprezentero S.Moch – Pluse il protestis pro la fakto ke la projeto Ido improvizesis da persono nekonocata dum la periodo di kunsidi di Komitato, certigante me ke la projeto di qua lu ed altra membri di Komitato konocis tre bone l'autoro ma ne povis nomar lu, ja fixesis ante ke la Komitato komencas olua kunsidi (6)— Pri su la prezidero Ostwald replikis ke la Komitato ne povis koncernesar per la difero di mea opinioni kun ici di mea reprezentero, to qua esis problemo privata inter ni, e konseque les raporti ne povis lasar spaco a mea remarki – Tale divenis neposibla proklamar ke « la decidi di Komitato prenesis per unanimeso », do kun la voto di S.Boirac.




La vereso esas ke me e mea reprezentero asistis – quale, pluse , la majoritato di membri di Komitato – tre habila ludo di partigo di quan la ceni direktesis kulise da du o tri personi.
Ni savas nun fakte ke nek S.Moch nek me esis kapabla suspektar, ke la projeto Ido esabis preparata e definita depos longatempe por selektesar da la Komitato, e ke la autoro di ca projeto, un di chefa konspiranti, esis la viro selektita da la Doktoro Zamenof por reprezentar lu e defensar sua kreado, viro vidata da omna Esperantisti kom un di konservanti le plu strikta, qua nultempe uzis sua influo pri la Mastro e sua autoritato pri l’Esperantisti, depos plu de 20 yari, por pronuncar la plu poka vorto pri posibla reformi – Me memoras ke kande me vidis sur la tablo di Komitato, dop Spokil, Bolak, Dilpok, Apolema, edc. la broshuro Ido, me demandis naive a S.Couturat quo esis ca nova linguo e se olua autoro renkontrus anke la Komitato por parolar pri sua sistemo detaloze, il ne respondis direte ma kun embarasata rideto dicis : « la balda aparo di «Exercaro » e « Dicionario » kun la sama titulo anuncesis » -- Pose me probis vane, kom prezidero di Linguala Komitato, e segun la nomo di mea kolegi, ricevar expliki pri la persono dil Ido, rimemorigante a lu ke la regularo di la Delegitaro interdiktis la autoro di linguo-projeti esar membro di Komitato (7).



La Prezidero Ostwald respondis a me ke il ricevis certesi di sekretarii ke li konocis la individuo Ido e ke lu ne esis un di li nek un di altra membri di Komitato, e ke pluse il havis la yuro prizentar lua laboro kun falsa nomo quale la doktoro Zamenhof facis lo por l’Esperanto (8).

Tre probable l’intenco originala di konspiranti esis certigar ke la Komitato di la Delegitaro adoptas Ido direte – sen parolar pri Esperanto, o refuzante ol kun la altra lingui konkursante, ma timesis ke camaniere la publiko esus astonata per la prizentado di projeto tote nova e tote nekonocata, pluse li ne esus kapabla ganar ipsa la mentala forteso e la materiala moyeni quan l’Esperanto ja posedis. Tale decidesis adoptar l’Esperanto principe o, plu korekte, semblante, prefere ke konservar l’intenco impozar reale l’Ido jus quale ol emersis de la kapo di olua kreanto. Tale existis la sembla deziro obtenar la konsento di Linguala Komitato, ma reale omno posibla facesis tale ke la konsento ne povis eventar, ecepte kom nemediata e kompleta submiseso di Linguala Komitato a la demandi di Idisti.



Me havas, kom pruvo de l’existo di tala projeto, la raporti di S.Couturat ipsa. Quick pos la lasta kunsidi di Komitato (28ma di oktobro) la Doktoro Zamenhof recevis letro di lu en olqua la projeto montresis nude e sen shamo.

« Tamen nulo decidesis pri la nomo di la linguo adoptita. Se la Esperantisti aceptus ol, ol povus nomizita « Esperanto sen super signo » exemple o simple « Esperanto »; e la Komitato esos felica agnoskar ca-maniere ke vu esas sua unesma e precipua autoro e judiciar por vua bela laboro quan ol admiras. Kaze kontrea, ol devus donar a la linguo altra nomo, « Auxiliario » exemple, e lasar al historio ne-partisana la tasko definar vua parto en olua kreado. Ma omno duktas ni esperar ke konkordo trovesos inter la du organizuri segun la bazo definita kune da la konkluzi di nia raporto e da la projeto Ido ( qua esas nek di S.Leau e nek di me) ». (9)


Ca letro montras tre klare ke kande la Komitato di la Delegitaro decidis trovar konkordo kun la Linguala Komitato, ico simple signifikas ke ol probesis impozar la projeto Ido a la Linguala Komitato, minacante, se la Linguala Komitato ne aceptus ol, krear skismo e facar de ca projeto nova linguo konkurse, por ruinar la laboro di Zamenhof. Pluse, ca-instante, ni devas pensar ke la lerno-libri, exercari e dicionarii di ca nova linguo esis ja tote pronta, pro ke oli imprimesis kelka monati plu tarde e ke la intertempo ne esabus suficanta por korektigar li ed imprimar li.


Pose ca unesma expliki, me devas montrar quale la Komitato di la Delegitaro probis trovar konkordo kun la Linguala Komitato, e to quo esis la relati inter la du organizuri.

(1) Me uzas la vorti di M.de Beaufront, en un di sua letri, skribita por me en novembro 1907 : "verko trovita sur tablo."
(2) Exemple, kande la Noto referigita en la Raporto di labori di Komitato, pagino 17, diskutesis.
(3) Matine di 24ma di oktobro
(4) S.Leau qua facis preskripti por trovar me a la Sekretario di « Collège de France ».
(5) La revuo Progreso, qua publikigis, sen permiso kom oficiala organo di la Delegitaro.
(6) « Ni recevis ol la dio kande la Komitato komencis olua kunsidi » (Letro di M.Couturat a M.Boirac, 5ma di Decembro 1907). Tale S.Couturat deziras ke ni ne povez dubitar pri la kunlaborado inter S.Ido e la direktanti di la Delegitaro, organizita longtempe ante.
(7) Qua ne, tamen, impedar S.de Beaufront asistar la lasta kunsido ( videz Raporto di labori di Komitato, p.25) dedikata a la diskuto di projeto Ido - sua projeto! -- «kom persono invitata pro sua linguala kompetenteso» -- ed esar, fine, adjuntata a la Komisiitaro Permanenta pro sua specala kompetenteso(!)

(8) Traduko-Noto : La cirkonstanci, tamen, semblas esar tote diferanta, pro ke ube l’Ido uzas semblante pseudonimo en serioza esforco por disimular sua identeso (semblante malgre la nekompreno di Boirac, Couturat ipsa , malgre sua certigi, esis « Ido »). Zamenhof, quick de la « Unua Libro », inkluzis sua propra nomo ed adreso kom persona kontakto – ne nur sur la titulo-pagino.

(9) Traduko-Noto : Notez ke nula mentiono facesis hike pri la decido di la Delegitaro : nur pri la raporto prizentata a la Komitato da Couturat e Leau e pri la projeto Ido, anke da Couturat.

IV


En la lasta dii di oktobro me recevis de Profesoro Ostwald, prezidero di Komitato di la Delegitaro, letro ne datizita per qua la decido di Komitato di la Delegitaro « por adoptar principe Esperanto … kondicione ke plura chanji facor da la Permanenta Komisiitaro, segun la senco definita da la konkluzi di raporto di Sekretarii di Komitato e da la projeto Ido, probante sucesar pri konkordo kun la Linguala Komitato esperantista ». La profesoro Ostwald adjuntis ke il expresis la deziro ke la studio di chanji propozita esez tam rapida kam posible.

Me respondis a ca letro, oficale, notizante la prefereso donita principe al Esperanto da la Komitato di la Delegitaro, protestante de ante pri la yuro quan la Komitato semblis adjudikeskar ipsa por provokar en l'Esperanto sub sua propra autoritato la chanji qua ol pensis necesa; precizigante ke la studio povus esar ne tam rapida kam on povus dezirar lo, pro materiala obstaki e pro ke ca importanta questiono necesigis profunda studio.

Quick pos sendir la letro a Profesoro Ostwald, me recevis de un di Sekretarii di Komitato di la Delegitaro, S.Couturat, letro datizita di 2ma di novembro, en olqua il rakontis a me ke il jus sendis 25 kopiuri di projeto Ido, ke la chanji quan la Permanenta Komisiitaro devis facar esis tante mikra ke il preferis vartar la propozi di Linguala Komitato; e ke la Permanenta Komisiitaro sucesabis konkordo kun la reprezentero di prezidero di Linguala Komitato, S.Moch [1], ke limitizata duro de un monato suficis por studiar ca projeto, e konseque il esperis havar respondo definitiva ante la 5-ma di decembro.

Me respondis a S.Ostwald por protestar a ca letro astonanta, dicante a lu ke parolante pri limitizata duro de un monato S.Moch exprimis unike sua persona opiniono qua ne povis obligar la Linguala Komitato e ke, pluse, pose dicir ito il supozis (segun promisi facita a lu ma ne realigita) ke la probo sucesar konkordo facesus maniere tote diferanta di olta prenita.

Ca-instante me informis la Linguala Komitato pri ca cirkonstanci e me sendis la projeto Ido a plura membri di Linguala Komitato e recevis lia opinioni pri to.

Me kolektis la respondi di membri di Linguala Komitato a la cirkulero 7, en olqua me demandis a li, ne voto definitiva (quale raportesis erore) ma unike generala konsulto pri la problemo, kun la unika skopo guidar me.
Ito esas tante plu vera ke raportante pri la rezulto di ca konsulto (cirkularo 11) e konstatinte ke la majoritato di membri di Linguala Komitato opinionis ke ni ne devus traktar kun la Delegitaro, me propozis malgre to a Dr. Zamenhof durar sua korespondo kun la Prof.Ostwald.
Ito montras ke la prezidero di Linguala Komitato facis omno segun sua povo por sucesar konkordo.
Ma desfortune dum la skribado di ca cirkulero, malgre ke la Prezidero di Linguala Komitato deklarabis ferme ke il ne povis konsentar pri limitizita duro de un monato.e informabis samtempe ke la propozi di Komitato di la Delegitaro esis vere studiata, segun olua demando, da diversa membri e raportanti voluntala, malgre to, nemediate pos un monato, la Prezidero Ostwald skribis a me -- ne por demandar a me se me esus balde kapabla donar a lu respondo, ma por decidar ke la limitizata tempo fixigita forfluesis e konseque la Komisiitaro Permanenta kondidereskis ipsa libera por agar nedependante de la Linguama Komitato e por turnar su direte vers la publiko kun sua inventuro -- ke la nova linguo publikigesis nun e ke la milito fratala o plu exakte filiala dil Ido kontre l'Esperanto komencesis. Me demandis a lu vane ne agar kun maniero tam tranchanta e abrupta.
Il respondis a me ke la Komisiitaro Permanenta ne impedas la Linguala Komitato sendar a lu future omna remarko o propozo, segun olua selekto, ma ke la Komisiitaro Permanenta esis nun turnita vers la publiko
e sorgos ipsa, sole, nedependante de esperantista organizuri, la prizento e la difuzo di olua kreado.

Tale quon me povis respondar se ne ke, anke, la Linguala Komitato riprenis olua libereso e refuzis ligar la futuro dil Esperanto kun la decidi di Komitato di la Delegitaro ? Me facis lo en letro riprenita en la cirkulero 13.
Cetere, me nule intencas plendar a la Prezidero Ostwald qua -- me esas tote certa pri to -- agis kun plena sincereso ed a qua per politeso me proklamas lo forte; ma altra personi tro-uzante de sua ne-evitebla ne-savo pri la fundo dil afero -- quale, pluse, li facis a la omna Delegitaro -- duktabas sekrete l'entreprazo a la skopo quan li fixigis de ante. Esas posibla ke la prezidero Ostwald fine koncias pri lo e ke ito esas sen relato kun sua rezigno pri la prezideso di Komitato di la Delegitaro.



Altralatere, pro la fakto ke la Linguala Komitato ne havas oficiala organo por publikigar olua decidi e olua akti e pro la fakto ke la existanta revui, se favorante la konspiranti disimulata e lejere indiferanta pri l'afero di la Delegitaro, kredas juste o nejuste ke ol esis senimporta e ke esus neutila atribuar importo kun [...] raporto esez omisata o tre poke evokata tra cirkuleri di Prezidero di Linguala Komitato; fine developesis ke la Esperantisti esis tote nesavanta pri to qua eventis inter la Delegitaro e la Linguala Komitato; e pokope, danko a krii eterna di Idisti, la legendo establisesis omnaloke ke la Linguala Komitato esabis la unesma ruptar la diskuti kun la Delegitaro -- kande la vereso esas tote kontrea, quale me pruvis supre ke la Komitato di la Delegitaro ruptis le unesma.



Por konkluzar ca longa raporto, me dicus ke, meaopinione, la Delegitaro agabus plu bone, e povabus sucesar, se, vice favorar, pro ecesiva febleso di sekretarii, komploto sekrete organizata por faligar Doktoro Zamenhof e la Linguala Komitato en kaptilo, ol demandabus polite a la Linguala Komitato konsiderar atenceme la plubonigi quin ol propozis. Lore certe la Linguala Komitato studiabus la propozuri di Komitato di la Delegitaro kun la tota evaluo devata por tala eminentesi kom S.Foster, Ostwald, Baudouin de Courtenay, Jespersen edc; ma, kontree, li deziris violentoze [ni] impozar lia sistemo, acelerar l'afero, ravisar konkordo per ruzo.
Talamaniere ke restas nun la du konspiranti, Siori de Beaufront e Couturat -- kun la honoroza profesoro S. Jespersen, qua pro ke il esas simpla ciensisti remarkas nur la linguala latero di la questiono, obliviante ke la aferi esas plu komplexa pratike kam teorie, e ke etikala konsideri havas ofte plu importo kam ciencala konsideri [2].





(1) Traduko-Noto : Notez hike ankor la pretendo di S.Couturat ke Boirac esis ulamaniere od altramaniere reprezentero di Linguala Komitato kom membro di la Delegitaro, e ke S.Moch ulamaniere o altramaniere heredis ca yuro reprezentar la Linguala Komitato.
(2) Ni savas ke S.Foster qua esis demandata kun insisto, tardigis nur sua demisiono quan il donis recente.


Cirkulero 7 a la Linguala Komitato
Da Emile Boirac
Paris la 6ma di novembro 1907

Kara Kolego,


Me jus recevis de S.Ostwald, Prezidero di Komitato di la Delegitaro, la sequanta informo, skribita en franca quan me tradukas en Esperanto.
« La Komitato decidis ke nula lingui prizentita ad olua exameno povas adoptesar en olua totajo e sen chanjo. Ol decidis adoptar principe Esperanto, pro olua relativa perfekteso e pro la multa e diversa aplikuri quan ol ja produktis, konditione plura chanji exekutor da la Permanenta Komisiitaro, en la senso definita en la konkluzi di raporto di Sekretarii di Komitato e di projet Ido, probante sucesar konkordo kun la Linguala Komitato esperantista »


La Permanenta Komisiitaro mencionita konsistesas da Siori Ostwald, prezidero, Beaudouin de Courtenay, de Beaufront, Jespersen, membri; Couturat and Leau, sekretarii.
Pluse , S.Ostwald exprimis la deziro ke la Linguala Komitato studias tam rapide kam posible « la projeto di linguo adoptita » quan la Permanenta Komisiitaro precitata prezentos ad ol balde.
Me sendis a S.Ostwald recevo-konfirmo di sua informo, noyante oficiale la decido di Komitato di la Delegitaro adoptar principe l’Esperanto, ma kontestante per anticipado la yuro ke ca decido semblas adjudikar a la Permanenta Komisiitaro por realigar sub olua propra autoritato la chanji quan ol konsideras necesa.
Pri la deziro procedar tam rapide kam posible, me remarkigis a S.Ostwald ke tala importanta afero ne povas studiesar instante e ke me bezonis anke sat tempo por korespondar kun la doktoro Zamenhof e la membri di Linguala Komitato di la tota mondo.

Vu memoreskas certe ke a la Kongreso di Cambridge la Linguala Komitato komisabis Siori de Beaufront, Christaller, Jamin et Rhodes por konsultar kun me pri l’aferodi la Delegitaro. Proke S.de Beaufront aceptabis , altralatere, divenar membro di la Permanenta Komisiitaro di la Delegitaro e pro ke povesas ke kelka membri di sub-komitato selektita ne povis irar en Paris, me propozas ke vu permisez a me remplasar S.de Beaufront e la personi absenta kun altra membri di Linguala Komitato ke me selektos inter la sequanta individui : Bein, Bourlet, Cart, Fruictier, de Lengyel. Me propozas anke ke la komitato kaze neceseso esez kapabla askoltar individui kompetenta extera a la komitato, pri aferi gramatikala o teknikala exemple Siori Aymonnier, Bricard, de Saussure, Verax.


Me pregas vu respondar a ca lasta propozo sen fristo e samtempe komunikez a me vua avizo pri la decido di Komitato di la Delegitaro.
Kun sincera respekto

  La prezidero di Linguala Komitato
  E. Boirac

(Traduko : L.Landais, septembro 2006)