Rapport
du Président du Comité Linguistique au Congrès
d'Espéranto 1908
de
Emile Boirac
section III-IV (concernant la Délégation pour une
langue auxiliaire internationale)
III
A cours de l'année
1900, Messieurs Leau et Couturat fondèrent une Délégation
pour l'Adoption d'une Langue Auxiliaire Internationale. Selon les règlements
de cette fondation, " le choix de la langue auxiliaire devait être
fait par l'Association Internationale des Académies, ou si cette
association était non consentante, par un Comité spécial
choisi par la Délégation.".
A la fin de l'année
1906, la Délégation a envoyé à l'Académie
Impériale des Sciences à Wien une lettre demandant qu'elle
inscrive la question d'une langue internationale à l'agenda
de l'Association Internationale des Académies, qui devait avoir
sa réunion triennale à Vienne en 1907. Mais cette Association
a décidé qu'elle n'était pas compétente
pour étudier et résoudre cette question.
En conséquence, la Délégation eut un comité spécial
choisi pour remplir le but entrepris.
Lorsque, avant cette élection, M.Couturat m'a demandé d'accepter
d'être placé sur la liste de ses candidats pour le comité,
j'ai d'abord eu l'intention de refuser pour les deux raisons suivantes:
1) du fait que j'étais un officiel gouvernemental, et n'avait pas la
liberté nécessaire pour venir à volonté à Paris,
et quitter mon poste pour une période indéfinie, je craignais
de ne pas être capable de participer effectivement aux discussions et
décisions du Comité, alors que je semblerai les approuver et
les cautionner de mon nom.
2) deuxièmement, je me demandais pourquoi M.Couturat me voulait si fortement,
le président du Comité Linguistique espérantiste, pour
entrer dans ce comité de la Délégation malgré l'absence
de parti pri qu'il avait promis pour tous les langages en compétition,
et je prévoyais qu'il essaierait plus tard, si cela était utile
pour son entreprise, de me montrer au public non comme un des membres du comité choisi
par la Délégation, ayant les mêmes droits que tous les
autres, responsable seulement de son propre opinion personnel, mais comme Président
du Comité Linguistique, responsable de l'opinion de ses collègues
et représentatif de l'entière communauté espérantiste.
Ainsi avant d'accepter la proposition risquée de M.Couturat, j'ai demandé l'avis
de notre Maître et de quelque amis authorisés leur expliquant
la raison de mon indécision. Ils étaient d'avis que ma présence
au Comité de la Délégation pourrait, en dépit de
toute chose , être utile pour notre affaire, et je rapportais. Le Comité s'est
réuni du 15 au 24 octobre 1907. Vous savez qu'il a étudié de
nombreux projets de langues internationales et que l'Espéranto lui a été présenté par
M.de Beaufront. Vous savez aussi que parmi d'autres sur la table (1) de la
salle de réunion il y avait un nouveau projet signé "Ido" et
que le Comité a finalement adopté , à l'unanimité,
la décision que j'ai communiqué aux membres du Comité linguistique
dans la 7ième circulaire.
Durant ces réunions, les faits malheureusement ont montré que
ma double crainte, décrite au-dessus , était juste.
D'abord j'ai eu la possibilité de rester à Paris pour seulement
8 jours pour une affaire privée., donc je n'ai pu vraiment être
présent qu' à très peu de réunions et ai dû prendre
M.Moch comme représentant ; sans avoir même assez de temps pour
m'entretenir utilement avec lui.
Deuxièmement des tactiques de M.Couturat déjà ont prouvé être
comme je les avais prévues; et donc elles restèrent même
après que le Comité s'est dissous. Seulement si nous étions
aveugles M.Moch et moi, pourrions nous avoir manqué de voir que pour
les remerciements aux actions de M.Couturat le Comité étaient
divisés en deux parties, les non-Espérantistes qui ont trouvé bien
d'être consulté séparémment dans des réunions
restreintes prévues à l'avance (2), et les Espérantistes
qui étaient reçus comme si c'était une faveur de consultation
générale, seulement après que les autres avaient déjà décidé.
Le jour où je n'ai pas pu rester plus longtemps incertain de cela (3),
j'ai protesté publiquement et même quitté la réunion.
Par crainte que j'ai définitivement quitté le Comité,
une des secrétaires (4) m'a été envoyé pour me
demander de revenir, et j'ai regretté beaucoup de n'avoir pas refusé d'autres
participations à une telle comédie.
Continuant les mêmes tactiques, M.Couturat prétendait croire que
M.Moch m'a représenté non pas en tant que membre du comité de
la Délégation mais en tant que président du comité Linguistique
et qu'il avait le pouvoir d'accepter, en mon nom et en celui du Comité Linguistique
pour une période limite inchangeable de un mois pour accepter ou refuser
le projet Ido. Lorsque je fus informé de cette intolérable demande,
j'ai immédiatement écrit au président du Comité de
la Délégation pour attirer son attention au fait que M.Moch et
moi appartenions au Comité de la Délégation seulement
comme individus élus par les délégués et pas du
tout comme président ou comme membres du Comité Linguistique
et que en conséquence on devait officiellement me demander, comme président
du Comité Linguistique, si j'étais d'accord avec la période
limite proposée (pas fixée). Mais rien aidait. De même,
dans de nombreux Progreso (5), dans des lettres envoyées à des
journaux variés, M.Couturat n'oublie jamais de faire ressortir que les
décisions du Comité de la Délégation étaient
officiellement acceptées par le président du Comité Linguistique
au travers de son représentant.
M.Couturat sait très bien que lorsqu'il m'envoyait les comptes-rendus
des réunions planifiées du Comité de la Délégation,
je lui répondais immédiatement avec la note suivante sous le
titre "Remarques personnelles".
Je dois faire ressortir que lorsque j'ai cessé d'être présent
aux réunions du Comité, au matin du 24 octobre, rien ne me laissait
prévoir que la réunion du soir serait la dernière. C'est
pourquoi j'avais demandé à mon représentant M.Moch de
m'envoyer après chaque réunion - je pensais qu'ils allaient continuer
jusqu' à la fin de la semaine - un court sommaire des discussions afin
que je puisse me mettre d'accord avec lui sur les propositions qui seraient
présentées plus tard. Si j'avais été présent,
j'aurai demandé , un , que ce Comité accomplisse l' étude
annoncée dans une de ses décisions sur la question du champ de
ses compétences; deux, que le projet Ido -- un projet improvisé par
une personne inconnue durant toute la durée des réunions elles-mêmes
-- ne soit pas nommé dans la décision finale; trois, que les
mots " à réaliser" soient remplacés dans le
texte de la décision par les mots " à définir ", " à fixer" ou
autres avec le même sens -- En plus, si j'avais été présent
aux réunions dans lesquelles ces points étaient discutés,
j'aurai défendu l'accusatif, l'accord de l'adjectif avec le nom, et
la table établie des "mots inchangeables" .
M.Couturat répondit à cette note qu'il ne pouvait pas mettre
dans les comptes-rendus des observations de faits qui n'apparaissaient pas
; mais qu' il pourrait seulement informer que M.Boirac n'était pas personnellement
présents aux réunions dans lesquelles les points cités
dans la note mentionnée ci-dessus furent discutés et votés
. Cependant il n' a pas réellement ajouter cette dernière information
aux comptes-rendus bien qu'il imprima un verbatim de toutes les remarques de
mon représentant M.Moch -- En outre il protesta du fait que le projet
Ido fut improvisé par une personne inconnue durant la période
des réunions du Comité, m'assurant que le projet dont lui et
d'autres membres du comité connaissaient très bien l'auteur mais
ne pouvaient pas le nommer , avait déjà été établi
avant que le Comité ouvre ses réunions (6) -- Pour sa part le
président Ostwald répliqua que le Comité ne pouvait pas être
concerné par la différence de mes opinions avec ceux de mon représentant,
cequi était un problème privé entre nous, et qu'en conséquence
les comptes-rendus ne pouvaient pas faire de place à mes observations
-- Ainsi il devenait impossible de proclamer que "les décisions
du Comité étaient prises à l'unanimité", donc
avec le vote de M.Boirac.
La vérité est que moi et mon représentant étions
présents -- comme, en plus, la majorité des membres du Comité -- à un
très habile jeu de partage dont les scènes étaient dirigées
en coulisse par deux ou trois personnes.
Nous savons maintenant en fait que ni M.Moch ni moi étions capables
de suspecter, que le projet Ido avait été préparé et
définit depuis longtemps pour être choisi par le Comité,
et que l'auteur de ce projet, un des principaux conspirateurs, était
l'homme choisi par le Docteur Zamenof pour le représenter et défendre
sa création, un homme vu par tous les Espérantistes comme un
des conservateurs les plus strictes, qui n'a jamais utilisé son influence
sur le Maître et son autorité sur les Espérantistes, depuis
plus de 20 ans, pour prononcer le plus petit mot au sujet des réformes
possibles -- Je me souvient que lorsque je voyais sur la table du Comité ,
après Spokil, Bolak, Dilpok, Apolema, etc. la brochure Ido, j'avais
naïvement demandé à M.Couturat quel était cette nouvelle
langue et si son auteur viendrait aussi devant le Comité pour parler
de son système en détail, il n'a pas répondu directement
mais avec un embarrassé sourire a dit : " La prochaine apparition
sous le même titre d'un " Exercices" et d'un "Dictionnaire" était
annoncée "-- Après j'ai essayé en vain, comme président
du Comité Linguistique, et au nom de mes collègues, de recevoir
des explications au sujet de la personne de l'Ido, lui rappellant que les règlements
de la Délégation interdisaient à l'auteur de projets de
langue d'être membre du Comité (7).
Le Président Ostwald m' a répondu qu'il avait reçu des
assurances des secrétaires qu'ils connaissaient l'individu Ido et qu'il
n'était pas l'un d'eux ni un des autres membres du Comité , et
que en outre il avait complètement le droit de présenter son
travail sous un faux nom juste comme le Docteur Zamenhof l'a fait pour l' Espéranto
(8).
Très probablement l'intention originale des conspirateurs était
d'assurer que le Comité de la Délégation adopte l' Ido
directement -- sans parler de l'Espéranto, ou le rejetant avec les autres
langues en compétition; mais il était craint que de cette manière
le public serait surpris par la présentation d'un projet complètement
nouveau et totalement inconnu; en outre ils ne seraient pas capable d'acquérir
par eux-mêmes la force morale et le ressources matérielles que
l' Espéranto possédait déjà. Ainsi il était
décidé d'adopter l' Espéranto en principe ou, plus correctement
, apparemment , plutôt que de garder l'intention d'imposer réellement
l'Ido juste comme il avait émergé de la tête de son créateur.
Ainsi il y avait le semblant désir d'obtenir l'agrément du Comité Linguistique,
mais en réalité toute chose possible était faite de façon
que l'agrément ne pourrait pas survenir, sauf comme une immédiate
et complète reddition du Comité Linguistique aux demandes des
Idistes.
J'ai, comme preuve de l'existence d'un tel plan, les rapports de M.Couturat
lui-même. Immédiatement après les dernières réunions
du Comité ( 28 octobre) le Docteur Zamenhof reçu une lettre de
lui dans laquelle le plan était montré tout nu et sans honte
.
" Rien n'a cependant été décidé concernant le
nom de la langue adoptée. Si les Espérantistes l'accepteront ,
elle pourrait être nommée "Espéranto sans supersigne" ou
simplement "Espéranto"; et le Comité sera heureux de
reconnaître de cette manière que vous êtes son premier et
principal auteur et de faire justice à votre beau travail qu'il admire.
Dans le cas opposé, il sera obligé de donner à la langue
un autre nom, "Auxiliario" par exemple, et de laisser à l'histoire
non partisane la tâche de définir votre part dans sa création.
Mais tout nous conduit à espérer qu'un accord sera trouvé entre
les deux organisations sur la base définie conjointement par les conclusions
de notre rapport et par le projet Ido ( qui est ni de M.Leau ni de moi)".
(9)
Cette lettre montre très clairement que lorsque le Comité de
la Délégation a décidé de trouver un accord avec
le Comité Linguistique, ceci simplement signifie que il était
en train d'essayer d'imposer le projet Ido au Comité Linguistique, menaçant,
si le Comité Linguistique ne l'accepte pas, de créer un schisme
et faire de ce projet là une nouvelle langue en compétition,
afin de ruiner le travail de Zamenhof. En outre, à ce moment, nous devons
penser que les manuels, exercices et dictionnaires de cette nouvelle langue étaient
déjà complètement prêts, parcequ'ils sortaient d'impression
quelques mois plus tard et que l'intervalle n'aurait pas été suffisant
pour les corriger et les imprimer.
Après ces premières explications, je dois montrer comment le
Comité de la Délégation a essayé de trouver un
accord avec le Comité Linguistique, et ce qu'était les relations
entre les deux institutions.
(1) J'utilise les
mots de M.de Beaufront, dans une de ses lettres, écrite pour
moi en novembre 1907: "un ouvrage trouvé sur une table."
(2) Par exemple, lorsque la Note référencée au Compte-rendu
des travaux du Comité, page 17, était discutée.
(3) Au matin du 24 octobre.
(4) M.Leau qui a pris des mesures pour me trouver au Secrétaire du "Collège
de France".
(5) Le magazine Progreso, qu'il a publié, sans autorisation comme organe
officiel de la Délégation.
(6) "Nous l'avons reçu le jour même où le Comité a
commencé ses séances." (Lettre de M. Couturat à M.
Boirac, 5 Décembre 1907). Ainsi M.Couturat souhaite que nous ne puissions
pas douter du problème de collaboration entre M.Ido et les dirigeants
de la Délégation , organisée longtemps avant.
(7) Qui n'a pas, cependant, empêché M.de Beaufront d'être
présent à la dernière réunion (voir Compte rendu
des travaux du Comité, p. 25) dédiée à la discussion
du projet Ido -- son projet!-- "comme une personne invitée en raison
de ses compétences linguistiques" -- et d'être ,finalement,
ajouté à la Commission Permanente à cause de sa compétence
spéciale (!).
(8) Note de traduction: Les circonstances, cependant, semblent être
tout à fait différentes, parce que où l'Ido utilise apparemment
un pseudonyme dans un sérieux effort pour cacher son identité (apparemment
malgré l'incompréhension de Boirac, Couturat lui-même,
outre ses assurances, était "Ido"), Zamenhof, dès le "Unua
Libro", incluait son propre nom et adresse comme contact personnel --
pas seulement sur la page de titre.
(9) Note de traduction: Notez qu'aucune mention n'est faite
ici de la décision du Comité de la Délégation :
seulement du rapport soumis au Comité par Couturat et Leau e du projet
Ido, aussi par Couturat.
IV
Dans les derniers
jours d'octobre j'ai reçu du Professeur Ostwald, président
du Comité de la Délégation, une lettre non datée
par laquelle la décision du Comité de la Délégation " pour
adopter en principe l'Espéranto… sous condition de plusieurs
changements à réaliser par la Commission Permanente,
selon le sens défini par les conclusions du rapport des Secrétaires
du Comité et par le projet Ido, essayant d'aboutir à un
accord avec la Comité Linguistique espérantiste".
Le Professeur Ostwald ajoutait qu'il exprimait le désir que
l'étude des changements proposés soit aussi rapide que
possible.
J'ai répondu à cette lettre, officiellement , notant la préférence
donnée en principe à l'Espéranto par le Comité de
la Délégation, protestant par avance au sujet du droit que le
Comité semblait s'adjuger à lui-même pour provoquer dans
l'Espéranto sous sa propre autorité les changements qu'il pensait
nécessaire; précisant que l'étude pourrait ne pas être
aussi rapide qu'on pourrait le souhaiter, à cause des obstacles matériels
et parce que cette importante question demandait une étude approfondie.
Immédiatement après avoir envoyé la lettre au Professeur
Ostwald, j'ai reçu d'un des Secrétaires du Comité de la
Délégation , M.Couturat, une lettre datée du 2 novembre,
dans laquelle il me racontait qu'il venait juste d'envoyer 25 copies du projet
Ido, que les changements que la Commission Permanente devait y faire étaient
de si petite importance qu'il préférait attendre les propositions
du Comité Linguistique, et que la Commission Permanente avait abouti à un
accord avec le représentant du président du Comité Linguistique,
M.Moch [1], qu' une durée limite d'un mois suffisait pour étudier
ce projet, et qu'en conséquence il espérait avoir une réponse
définitive avant le 5 Décembre.
J'ai répondu à M.Ostwald pour protester à cette lettre étonnante,
en lui disant qu'en parlant d'une durée limite d'un mois M.Moch avait
seulement exprimé son opinion personnelle qui ne pouvait pas tenir le
Comité Linguistique et que, en outre, lorsque ayant dit cela il supposait
(selon des promesses qui lui ont été faites mais non réalisées
) que la tentative d'aboutir à un accord serait faite d'une manière
tout à fait différente de celle qui a été prise.
Au même moment j'ai informé le Comité Linguistique de ces
occurrences et j'ai envoyé le projet Ido à plusieurs membres
du Comité et reçu leurs opinions à ce sujet.
J'ai aussi rassemblé les réponses des membres du Comité Linguistique à la
circulaire 7, dans laquelle je leur demandais, non pas un vote définitif
(comme il a été erronnemment rapporté) mais seulement
une consultation générale sur le problème, avec le seul
but de me guider. Ceci est d'autant plus vrai que en rapportant sur le résultat
de cette consultation (circulaire 11) et ayant constaté que la majorité des
membres du Comité étaient d'avis que nous ne devions pas traiter
avec la Délégation, j'ai proposé néanmoins au Dr.
Zamenhof de continuer sa correspondance avec le Prof.Ostwald. Ceci montre que
le président du Comité Linguistique a fait tout en son pouvoir
pour aboutir à un accord.
Mais malheureusement durant l'écriture de cette circulaire, bien que
le Président du Comité Linguistique avait très fermement
déclaré qu'il ne pourrait pas consentir à une durée
limite d'un mois et avait simultanément informé que les propositions
du Comité de la Délégation étaient réellement à l'étude,
sur sa commission, par divers membres et rapporteurs volontaires, malgré cela,
immédiatement après un mois, le Président Ostwald m'écrivait
-- non pas pour me demander si je serai bientôt capable de lui donner
une réponse, mais pour déterminer que le temps limite fixé s'était écoulé et
qu'en conséquence la Commission Permanente se considérait elle-même
libre d'agir indépendamment du Comité Linguistique et de se tourner
directement vers le public avec son invention -- qu'est publiée dès
maintenant la nouvelle langue et commencée la guerre fraternelle ou
plus exactement filiale de l'Ido contre l'Espéranto. Je lui ai demandé en
vain de ne pas agir d'une manière aussi tranchante et abrupte. Il m'a
répondu que la Commission Permanente n'empêche pas le Comité Linguistique
de lui envoyer à l'avenir toute observation ou proposition , à sa
convenance, mais que la Comission Permanente était dès maintenant
tournée vers le public et prendrait soin elle-même, toute seule,
indépendamment des institutions espérantistes, de la présentation
et de la diffusion de sa création.
Ainsi que pourrais-je répondre sinon que, aussi, le Comité Linguistique
reprenait sa liberté et refusait de lier l'avenir de l'Espéranto
avec les décisions du Comité de la Délégation?
J'ai fait cela dans une lettre reprise dans la circulaire 13.
Du reste, j'ai en aucune manière l'intention de me plaindre au Président
Ostwald qui -- je suis tout à fait certain de cela -- a agit avec une
pleine bonne foi et à qui par coutoisie je le proclame fortement ; mais
d'autres personnes abusant de son inévitable ignorance au sujet du fond
de l'affaire -- comme, en outre, ils ont fait à toute la Délégation
-- ont conduit secrètement l'entreprise au but qu'ils avaient fixé à l'avance.
Il se peut que le président Ostwald s'en soit rendu finalement compte
et que cela soit sans relation avec sa résignation à la présidence
du Comité de la Délégation.
D'un autre côté, à cause du fait que le Comité Linguistique
n'a pas d'organe officiel pour publier ses décisions et ses actes et
du fait que les magazines existants, si favorisant les conspirateurs déguisés
et légèrement indifférent au sujet de l'affaire de la
Délégation , croient à tort ou à raison qu'elle était
insignifiante et que ce serait inutile d'y attacher de l'importance avec un
[…] rapport soit maintenu en silence ou très peu évoqué au
travers des circulaires du Président du Comité Linguistique,
il se développait finalement que les Espérantistes restaient
totalement ignorant de ce qui s'était passé entre la Délégation
et le Comité Linguistique; et petit à petit, merci aux cris éternels
des Idistes, la légende a été établie partout que
le Comité Linguistique avait été le premier à rompre
les discussions avec la Délégation -- alors que la vérité est
tout à fait à l'opposé, comme je ai prouvé au-dessus
que le Comité de la Délégation avait rompu le premier.
Pour conclure ce long rapport , je dirai que , selon mon opinion, la Délégation
aurait mieux agi, et aurait pu réussir, si, au lieu de favoriser, à cause
d'une excessive faiblesse des secrétaires, un complot secrètement
organizé pour faire tomber le Docteur Zamenhof et le Comité Linguistique
dans un piège, il avait seulement demandé poliment au Comité Linguistique
de considérer attentivement les améliorations qu'il proposait.
Alors sans aucun doute le Comité Linguistique aurait étudié les
propositions du Comité de la Délégation avec l'entière
appréciation dû à de telles éminences comme M.Foster,
Ostwald, Baudouin de Courtenay, Jespersen etc; mais, tout au contraire, ils
souhaitaient violemment [nous] imposer leur système, hâter l'affaire
, enlever un accord par surprise. De telle manière qu'il reste maintenant
les deux conspirateurs, Messieurs de Beaufront et Couturat -- avec l'honorable
professeur M. Jespersen, qui parce qu'il est un simple scientifique remarque
seulement le côté linguitique de la question, oubliant qu'en pratique
les affaires sont plus complexes qu'en théorie, et que des considérations
morales souvent ont plus d'importances que les considérations scientifiques
[2].
(1) Note
de traduction: Notez ici encore la prétention de
la part de M. Couturat que Boirac était de façon ou
d'autre un représentant du Comité Linguitique comme
membre de la Délégation , et que M.Moch de façon
ou d'autre héritait ce droit de représenter le Comité Linguistique.
(2) Nous savons que M. Foster qui avait été demandé avec
insistance, retardait simplement sa démission qu'il a récemment
donné.
Circulaire 7 au Comité Langue
De Emile BOIRAC
Paris le 6 novembre 1907
Cher collègue,
J'ai juste reçu
de M.Ostwald, Président du Comité de la Délégation,
l'information suivante, écrite en français, que je traduits
en espéranto.
" Le Comité a décidé qu'aucun des langages soumis à son
examen peut être adopté dans son intégralité et sans
changement. Il a décidé d'adopter en principe l'Espéranto,
en raison de sa relative perfection et à cause des nombreuses et diverses
applications qu'il a déjà engendré, sous condition de plusieurs
changements à réaliser par la Commission Permanente, dans le sens
défini dans les conclusions du rapport des Secrétaires du Comité et
du projet Ido, tout en essayant d'arriver à un accord avec le Comité Linguistique
espérantiste."
La Commission Permanente mentionnée est consistée de Messieurs
Ostwald, président, Beaudouin de Courtenay, de Beaufront, Jespersen,
membres; Couturat and Leau, secrétaires.
De plus, M. Ostwald a exprimé le souhait que le Comité Linguistique étudie
aussi rapidement que possible " le projet d'une langue adoptée" que
la Commission Permanente précitée lui présentera bientôt.
J'ai envoyé à M.Ostwald une confirmation de réception
de son information , notant officiellement la décision du Comité de
la Délégation d'adopter en principe l'Espéranto, mais
contestant par anticipation le droit que cette décision semble adjuger à la
Commission Permanente pour réaliser sous sa propre autorité les
changements qu'elle considère nécessaires.
Concernant le souhait de procéder aussi vite que possible, j'ai souligné à M.Ostwald
qu'une telle importante affaire ne peut pas être étudiée
en un instant et que j'avais aussi besoin d'assez de temps pour correspondre
avec le docteur Zamenhof et les membres du Comité Langue du monde entier.
Vous vous rappelez certainement qu'au Congrès de Cambridge le Comité Langue
avait commissionné Messieurs de Beaufront, Christaller, Jamin et Rhodes
pour consulter avec moi au sujet de l'affaire de la Délégation.
Parce que M.de Beaufront avait accepté, d'un autre côté,
de devenir membre de la Commission Permanente du Comité de la Délégation
et parce qu'il se peut que quelques membres du sous-comité choisi ne
pouvaient pas venir à Paris, je propose que vous me permettiez de remplacer
M.de Beaufront et les personnes absentes avec d'autres membres du Comité Langue
que je choisirai parmi les individus suivants : Bein, Bourlet, Cart, Fruictier,
de Lengyel. Je propose aussi que le comité en cas de besoin soit capable
d'entendre des individus compétents extérieurs au comité,
sur des affaires grammaticales ou techniques par exemple Messieurs Aymonnier,
Bricard, de Saussure, Verax.
S'il vous plaît répondez à cette dernière proposition
sans délai et en même temps communiquez moi votre avis au sujet
de la décision du Comité de la Délégation.
Avec sincère respect.
La
prezidero di Linguala Komitato
E. Boirac
|
Raporto di Prezidero
di Linguala Komitato al Esperanto-Kongreso 1908
da Emile Boirac
seciono III-IV (pri la Delegitaro por helplinguo internaciona)
III
Dum la yaro 1900,
Siori Leau e Couturat fondis Delegitaro por l’Adopto di Helplinguo
Internaciona.
Segun la regularo di ca fonduro, « la
selekto dil helplinguo devis facesar dal Asociitaro Internaciona di
Akademii, o se ca asociitaro esis ne konsentanta, da speciala Komitato
selektata da la Delegitaro ».
Ye la fino dil yaro 1906, la Delegitaro sendis al imperiala Akademio
di Cienci en Wien letro demandante ke ol enskribas la questiono di linguo
internaciona en l’agendo dil Asociitaro Internaciona di Akademii, qua
devis havar olua triyarala kunsido en Vienne dum 1907. Ma ca Asociitaro
decidis ke ol ne esis kompetanta por studiar e solvar ca questiono. Konseque,
la Delegitaro havis speciala Komitato selektita por satisfacar la skopo
entraprezita.
Kande, ante ca elekto, S.Couturat demandis a me aceptar placesar en la
listo di sua kandidati por la Komitato, me unesme intensis refuzar pro
la du sequanta motivi :
1) pro ke me esis oficiala guvernisto, e ne havis la necesa libereso
por venar segunvole en Paris, e livar mea ofico dum nedefinata periodo,
me timis ne esar apta partoprenar reale diskuti e decidi di Komitato,
kande me semblus aprobar oli e kaucionizar oli per mea nomo.
2) duesma, me demandis a me pro quo S.Couturat deziris me tante forte,
la prezidero di Linguala Komitato esperantista, por enirar ca Komitato
di la Deligitaro malgre l’absenteso de prejudiko quan il promisis por
omna lingui en konkurso, e me previdis ke il probos plu tarde, se ito
esus utila por sua entraprezo, montrar me a la publiko ne kom un di membri
di Komitato selektita da la Delegitaro, havante la sama yuri kam omna
altri, responsiva unike pri sua personala opinionno, ma kom Prezidero
di Linguala Komitato, responsiva pri l’opiniono di sua kolegi e reprezentiva
pri la tota esperantista komuneso.
Tale ante aceptar
la propozo riskata di S.Couturat, me demandis l’avizo di nia Mastro
e di kelka
amiki yurizata explikante a li la motivi di
mea nedecideso. Ili opinionis ke mea prezenteso en la Komitato povus,
malgre omno, utilesar por nia afero, e me raportus. La Komitato kunsidi
de la 15-ma til la 24-ma di oktobro 1907. Vu savas ke ol studiis multa
lingui internaciona projeti e ke Esperanto prizentesis da M.de Beaufront.
Vu savas anke ke inter altri sur la tablo (1) di la kunsideyo esis nova
projeto signita "Ido" e quan la Komitato fine adoptis unanime
la decido quan me komunikis a la membri di linguala Komitato en la 7-ma
cirkulero.
Dum ca kunsidi, la fakti desfortune montris ke mea duopla timo, deskriptita
supere, esis justa.
Unesme me havis la posibleso restar en Paris nur dum 8 dii por privata
afero, do me povis reale asistar tre poke kunsidi e devis prenar S.Moch
kom reprezentero, sen havar mem sat tempo por konversar kun lu.
Duesma taktiki di S.Couturat pruvis ja esar quale me previdis oli, e
do oli restis mem pose ke la Komitato disolvesis. Nur se ni esis blinda
S.Moche e me, ka ni povus mankar vidar ke pri la danki pro agi di S.Couturat
la Komitato esis partigata duime, la ne-Esperantisti qua standis bone
konsultesar separe en kunsidi restriktata previdita de ante (2), e la
Esperantisti qua esis aceptata quale se esus favoro de generala konsulton,
nur pose ke la altri ja decidabis.
La dio kande me ne povis esar plu longtempe certa pri to (3), me protestis
publike e mem livis la kunsido. Pro timo ke me livis definitive la Komitato,
un di sekretariino (4) sendabis a me por demandar a me rivenar, e me
regretis multe ne refuzir altra partopreni a tala komedio.
Durante la sama taktiki, S.Couturat pretendis kredar ke S.Moch reprezentis
me ne kom membro di Komitato di la Delegitaro ma kom prezidero di Linguala
Komitato e ke il havis la povo aceptar , per mea nomo e tale per olta
di Linguala Komitato, periodo limitizita ne-chanjebla de un monato por
aceptar o refuzar la projeto Ido. Kande me informesis pri ca ne-tolerebla
demando, me quick skribis a la prezidero di Komitato di la Delegitaro
por atraktar sua atenco pri la fakto ke S.Moch e me apartenis a la Komitato
di la Delegitaro nur kom individuo elektita da la delegiti e ne kom prezidero
o kom membri di Linguala Komitato e ke konseque on devis demandar oficiale
a me, kom prezidero di Linguala Komitato , se me kunkordis kun la limitizita
periodo propozita (ne fixita). Ma nulo helpis. Same, en multa Progreso
(5), en letri sendita a diversa jurnalin S. Couturat nultempe oblivias
precizigar ke la decidi di Komitato di la Delegitaro esis oficiale aceptata
da la prezidero di Linguala Komitato tra mea reprezentero.
S. Couturat savas tre bone ke kande il sendis a me la raporti di kunsidi
projetita di Komitato di la Delegitaro, me quick respondis a lu kun la
sequanta noto sube la titulo « Remarki personala ».
Me devas precizigar ke kande me cesis prezentesar a la kunsidi, matine
24-ma di oktobro, nulo lasis me previdar ke la kunsido di vespero esus
la lasta. Esas pro quo me demandabis a mea reprezentero S.Moch sendar
a me pose omna kunsido – me pensis ke li durus til la semano-fino – kurta
rezumo di diskuti por ke me povez kunkordar kun lu pri la propozi qua
esus prezentata plu tarde. Se me esabus prezenta, me demandabus, unesma,
ke ca Komitato parfacar la studio anuncita en un di olua decidi pri la
quetiono di feldo di olua kompetenteso, duesma, ke la projeto Ido – projeto
improvizata da persono ne-konocata dum la tota duro di kunsidi – ne esez
nomata en la fina decido, triesma, ke la vorti « exekutor » esez
remplasata en la texto di la decido per la vorti « definor », « fixigor » o
altri kun la sama senco – Pluse, se me asistabus kunsidi dum olqui ca
punti diskutesis, me defendabus l’akuzativo, l’akordo dil adjektivo kun
la substantivo, e la tabelo fixesita di «vorti ne-chanjebla ».
S.Couturat respondis a ca noto ke il ne povis skribar en la raporti observi
di fakti qua ne eventis, ma ke il povus nur informar ke S.Boirac ne asistis
persone kunsidi dum olqui la punti citita en la noto mencionita supere
diskutesis e votesis. Tamen il ne adjuntis ca lasta informo a la raporti
malgre ke il imprimis « verbatim » de omna remarki di mea
reprezentero S.Moch – Pluse il protestis pro la fakto ke la projeto Ido
improvizesis da persono nekonocata dum la periodo di kunsidi di Komitato,
certigante me ke la projeto di qua lu ed altra membri di Komitato konocis
tre bone l'autoro ma ne povis nomar lu, ja fixesis ante ke la Komitato
komencas olua kunsidi (6)— Pri su la prezidero Ostwald replikis ke la
Komitato ne povis koncernesar per la difero di mea opinioni kun ici di
mea reprezentero, to qua esis problemo privata inter ni, e konseque les
raporti ne povis lasar spaco a mea remarki – Tale divenis neposibla proklamar
ke « la decidi di Komitato prenesis per unanimeso », do kun
la voto di S.Boirac.
La vereso esas ke me e mea reprezentero asistis – quale, pluse , la majoritato
di membri di Komitato – tre habila ludo di partigo di quan la ceni direktesis
kulise da du o tri personi.
Ni savas nun fakte ke nek S.Moch nek me esis kapabla suspektar, ke la
projeto Ido esabis preparata e definita depos longatempe por selektesar
da la Komitato, e ke la autoro di ca projeto, un di chefa konspiranti,
esis la viro selektita da la Doktoro Zamenof por reprezentar lu e defensar
sua kreado, viro vidata da omna Esperantisti kom un di konservanti le
plu strikta, qua nultempe uzis sua influo pri la Mastro e sua autoritato
pri l’Esperantisti, depos plu de 20 yari, por pronuncar la plu poka vorto
pri posibla reformi – Me memoras ke kande me vidis sur la tablo di Komitato,
dop Spokil, Bolak, Dilpok, Apolema, edc. la broshuro Ido, me demandis
naive a S.Couturat quo esis ca nova linguo e se olua autoro renkontrus
anke la Komitato por parolar pri sua sistemo detaloze, il ne respondis
direte ma kun embarasata rideto dicis : « la balda aparo di «Exercaro » e « Dicionario » kun
la sama titulo anuncesis » -- Pose me probis vane, kom prezidero
di Linguala Komitato, e segun la nomo di mea kolegi, ricevar expliki
pri la persono dil Ido, rimemorigante a lu ke la regularo di la Delegitaro
interdiktis la autoro di linguo-projeti esar membro di Komitato (7).
La Prezidero Ostwald respondis a me ke il ricevis certesi di sekretarii
ke li konocis la individuo Ido e ke lu ne esis un di li nek un di altra
membri di Komitato, e ke pluse il havis la yuro prizentar lua laboro
kun falsa nomo quale la doktoro Zamenhof facis lo por l’Esperanto (8).
Tre probable l’intenco originala di konspiranti esis certigar ke la Komitato
di la Delegitaro adoptas Ido direte – sen parolar pri Esperanto, o refuzante
ol kun la altra lingui konkursante, ma timesis ke camaniere la publiko
esus astonata per la prizentado di projeto tote nova e tote nekonocata,
pluse li ne esus kapabla ganar ipsa la mentala forteso e la materiala
moyeni quan l’Esperanto ja posedis. Tale decidesis adoptar l’Esperanto
principe o, plu korekte, semblante, prefere ke konservar l’intenco impozar
reale l’Ido jus quale ol emersis de la kapo di olua kreanto. Tale existis
la sembla deziro obtenar la konsento di Linguala Komitato, ma reale omno
posibla facesis tale ke la konsento ne povis eventar, ecepte kom nemediata
e kompleta submiseso di Linguala Komitato a la demandi di Idisti.
Me havas, kom pruvo de l’existo di tala projeto, la raporti di S.Couturat
ipsa. Quick pos la lasta kunsidi di Komitato (28ma di oktobro) la Doktoro
Zamenhof recevis letro di lu en olqua la projeto montresis nude e sen
shamo.
«
Tamen nulo decidesis pri la nomo di la linguo adoptita. Se la Esperantisti
aceptus ol, ol povus nomizita « Esperanto sen super signo » exemple
o simple « Esperanto »; e la Komitato esos felica agnoskar
ca-maniere ke vu esas sua unesma e precipua autoro e judiciar por vua
bela laboro quan ol admiras. Kaze kontrea, ol devus donar a la linguo
altra nomo, « Auxiliario » exemple, e lasar al historio ne-partisana
la tasko definar vua parto en olua kreado. Ma omno duktas ni esperar
ke konkordo trovesos inter la du organizuri segun la bazo definita kune
da la konkluzi di nia raporto e da la projeto Ido ( qua esas nek di S.Leau
e nek di me) ». (9)
Ca letro montras tre klare ke kande la Komitato di la Delegitaro decidis
trovar konkordo kun la Linguala Komitato, ico simple signifikas ke ol
probesis impozar la projeto Ido a la Linguala Komitato, minacante, se
la Linguala Komitato ne aceptus ol, krear skismo e facar de ca projeto
nova linguo konkurse, por ruinar la laboro di Zamenhof. Pluse, ca-instante,
ni devas pensar ke la lerno-libri, exercari e dicionarii di ca nova linguo
esis ja tote pronta, pro ke oli imprimesis kelka monati plu tarde e ke
la intertempo ne esabus suficanta por korektigar li ed imprimar li.
Pose ca unesma expliki, me devas montrar quale la Komitato di la Delegitaro
probis trovar konkordo kun la Linguala Komitato, e to quo esis la relati
inter la du organizuri.
(1)
Me uzas la vorti di M.de Beaufront, en un di sua letri, skribita
por me en novembro 1907 : "verko trovita sur tablo."
(2) Exemple, kande la Noto referigita en la Raporto di labori di Komitato,
pagino 17, diskutesis.
(3) Matine di 24ma di oktobro
(4) S.Leau qua facis preskripti por trovar me a la Sekretario di « Collège
de France ».
(5) La revuo Progreso, qua publikigis, sen permiso kom oficiala organo
di la Delegitaro.
(6) « Ni recevis ol la dio kande la Komitato komencis olua kunsidi » (Letro
di M.Couturat a M.Boirac, 5ma di Decembro 1907). Tale S.Couturat deziras
ke ni ne povez dubitar pri la kunlaborado inter S.Ido e la direktanti
di la Delegitaro, organizita longtempe ante.
(7) Qua ne, tamen, impedar S.de Beaufront asistar la lasta kunsido (
videz Raporto di labori di Komitato, p.25) dedikata a la diskuto di projeto
Ido - sua projeto! -- «kom persono invitata pro sua linguala kompetenteso» --
ed esar, fine, adjuntata a la Komisiitaro
Permanenta pro sua specala kompetenteso(!)
(8) Traduko-Noto : La cirkonstanci, tamen, semblas esar
tote diferanta, pro ke ube l’Ido uzas semblante pseudonimo en serioza
esforco por disimular
sua identeso (semblante malgre la nekompreno di Boirac, Couturat ipsa
, malgre sua certigi, esis « Ido »). Zamenhof, quick de la « Unua
Libro », inkluzis sua propra nomo ed adreso kom persona kontakto
– ne nur sur la titulo-pagino.
(9) Traduko-Noto : Notez ke nula mentiono facesis hike
pri la decido di la Delegitaro : nur pri la raporto prizentata a la Komitato
da Couturat
e Leau e pri la projeto Ido, anke da Couturat.
IV
En la
lasta dii di oktobro me recevis de Profesoro Ostwald, prezidero di Komitato
di la Delegitaro,
letro ne datizita per qua la decido di
Komitato di la Delegitaro « por adoptar principe Esperanto …
kondicione ke plura chanji facor da la Permanenta Komisiitaro, segun
la senco definita da la konkluzi di raporto di Sekretarii di Komitato
e da la projeto Ido, probante sucesar pri konkordo kun la Linguala
Komitato esperantista ». La profesoro Ostwald adjuntis ke il
expresis la deziro ke la studio di chanji propozita esez tam rapida
kam posible.
Me respondis a ca letro, oficale, notizante la prefereso donita principe
al Esperanto da la Komitato di la Delegitaro, protestante de ante pri
la yuro quan la Komitato semblis adjudikeskar ipsa por provokar en l'Esperanto
sub sua propra autoritato la chanji qua ol pensis necesa; precizigante
ke la studio povus esar ne tam rapida kam on povus dezirar lo, pro materiala
obstaki e pro ke ca importanta questiono necesigis profunda studio.
Quick pos sendir la letro a Profesoro Ostwald, me recevis de un di Sekretarii
di Komitato di la Delegitaro, S.Couturat, letro datizita di 2ma di novembro,
en olqua il rakontis a me ke il jus sendis 25 kopiuri di projeto Ido,
ke la chanji quan la Permanenta Komisiitaro devis facar esis tante mikra
ke il preferis vartar la propozi di Linguala Komitato; e ke la Permanenta
Komisiitaro sucesabis konkordo kun la reprezentero di prezidero di Linguala
Komitato, S.Moch [1], ke limitizata duro de un monato suficis por studiar
ca projeto, e konseque il esperis havar respondo definitiva ante la 5-ma
di decembro.
Me respondis a S.Ostwald por protestar a ca letro astonanta,
dicante a lu ke parolante pri limitizata duro de un monato S.Moch exprimis
unike sua persona opiniono qua ne povis obligar la Linguala Komitato
e ke, pluse, pose dicir ito il supozis (segun promisi facita a lu ma
ne realigita) ke la probo sucesar konkordo facesus maniere tote diferanta
di olta prenita.
Ca-instante me informis la Linguala Komitato pri ca cirkonstanci e me
sendis la projeto Ido a plura membri di Linguala Komitato e recevis lia
opinioni pri to.
Me kolektis la respondi di membri di Linguala Komitato a la cirkulero
7, en olqua me demandis a li, ne voto definitiva (quale raportesis erore)
ma unike generala konsulto pri la problemo, kun la unika skopo guidar
me.
Ito esas tante plu vera ke raportante pri la rezulto di ca konsulto (cirkularo
11) e konstatinte ke la majoritato di membri di Linguala Komitato opinionis
ke ni ne devus traktar kun la Delegitaro, me propozis malgre to a Dr.
Zamenhof durar sua korespondo kun la Prof.Ostwald.
Ito montras ke la prezidero di Linguala Komitato facis omno segun sua
povo por sucesar konkordo.
Ma desfortune dum la skribado di ca cirkulero, malgre ke la Prezidero
di Linguala Komitato deklarabis ferme ke il ne povis konsentar pri limitizita
duro de un monato.e informabis samtempe ke la propozi di Komitato di
la Delegitaro esis vere studiata, segun olua demando, da diversa membri
e raportanti voluntala, malgre to, nemediate pos un monato, la Prezidero
Ostwald skribis a me -- ne por demandar a me se me esus balde kapabla
donar a lu respondo, ma por decidar ke la limitizata tempo fixigita forfluesis
e konseque la Komisiitaro Permanenta kondidereskis ipsa libera por agar
nedependante de la Linguama Komitato e por turnar su direte vers la publiko
kun sua inventuro -- ke la nova linguo publikigesis nun e ke la milito
fratala o plu exakte filiala dil Ido kontre l'Esperanto komencesis. Me
demandis a lu vane ne agar kun maniero tam tranchanta e abrupta.
Il respondis a me ke la Komisiitaro Permanenta ne impedas la Linguala
Komitato sendar a lu future omna remarko o propozo, segun olua selekto,
ma ke la Komisiitaro Permanenta esis nun turnita vers la publiko
e sorgos ipsa, sole, nedependante de esperantista organizuri, la prizento
e la difuzo di olua kreado.
Tale quon me povis respondar se ne ke, anke, la Linguala Komitato riprenis
olua libereso e refuzis ligar la futuro dil Esperanto kun la decidi di
Komitato di la Delegitaro ? Me facis lo en letro riprenita en la cirkulero
13.
Cetere, me nule intencas plendar a la Prezidero Ostwald qua -- me esas
tote certa pri to -- agis kun plena sincereso ed a qua per politeso me
proklamas lo forte; ma altra personi tro-uzante de sua ne-evitebla ne-savo
pri la fundo dil afero -- quale, pluse, li facis a la omna Delegitaro
-- duktabas sekrete l'entreprazo a la skopo quan li fixigis de ante.
Esas posibla ke la prezidero Ostwald fine koncias pri lo e ke ito esas
sen relato kun sua rezigno pri la prezideso di Komitato di la Delegitaro.
Altralatere, pro la fakto ke la Linguala Komitato ne havas oficiala organo
por publikigar olua decidi e olua akti e pro la fakto ke la existanta
revui, se favorante la konspiranti disimulata e lejere indiferanta pri
l'afero di la Delegitaro, kredas juste o nejuste ke ol esis senimporta
e ke esus neutila atribuar importo kun [...] raporto esez omisata o tre
poke evokata tra cirkuleri di Prezidero di Linguala Komitato; fine developesis
ke la Esperantisti esis tote nesavanta pri to qua eventis inter la Delegitaro
e la Linguala Komitato; e pokope, danko a krii eterna di Idisti, la legendo
establisesis omnaloke ke la Linguala Komitato esabis la unesma ruptar
la diskuti kun la Delegitaro -- kande la vereso esas tote kontrea, quale
me pruvis supre ke la Komitato di la Delegitaro ruptis le unesma.
Por konkluzar ca longa raporto, me dicus ke, meaopinione, la Delegitaro
agabus plu bone, e povabus sucesar, se, vice favorar, pro ecesiva febleso
di sekretarii, komploto sekrete organizata por faligar Doktoro Zamenhof
e la Linguala Komitato en kaptilo, ol demandabus polite a la Linguala
Komitato konsiderar atenceme la plubonigi quin ol propozis. Lore certe
la Linguala Komitato studiabus la propozuri di Komitato di la Delegitaro
kun la tota evaluo devata por tala eminentesi kom S.Foster, Ostwald,
Baudouin de Courtenay, Jespersen edc; ma, kontree, li deziris violentoze
[ni] impozar lia sistemo, acelerar l'afero, ravisar konkordo per ruzo.
Talamaniere ke restas nun la du konspiranti, Siori de Beaufront e Couturat
-- kun la honoroza profesoro S. Jespersen, qua pro ke il esas simpla
ciensisti remarkas nur la linguala latero di la questiono, obliviante
ke la aferi esas plu komplexa pratike kam teorie, e ke etikala konsideri
havas ofte plu importo kam ciencala konsideri [2].
(1) Traduko-Noto : Notez hike ankor la pretendo di S.Couturat ke Boirac
esis ulamaniere od altramaniere reprezentero di Linguala Komitato kom
membro di la Delegitaro, e ke S.Moch ulamaniere o altramaniere heredis
ca yuro reprezentar la Linguala Komitato.
(2) Ni savas ke S.Foster qua esis demandata kun insisto, tardigis nur
sua demisiono quan il donis recente.
Cirkulero 7 a la Linguala Komitato
Da Emile Boirac
Paris la 6ma di novembro 1907
Kara Kolego,
Me jus recevis de S.Ostwald, Prezidero di Komitato di la Delegitaro,
la sequanta informo, skribita en franca quan me tradukas en Esperanto.
« La Komitato decidis ke nula lingui prizentita ad olua exameno povas adoptesar
en olua totajo e sen chanjo. Ol decidis adoptar principe Esperanto, pro
olua relativa perfekteso e pro la multa e diversa aplikuri quan ol ja
produktis, konditione plura chanji exekutor da la Permanenta Komisiitaro,
en la senso definita en la konkluzi di raporto di Sekretarii di Komitato
e di projet Ido, probante sucesar konkordo kun la Linguala Komitato esperantista »
La Permanenta Komisiitaro mencionita konsistesas da Siori Ostwald, prezidero,
Beaudouin de Courtenay, de Beaufront, Jespersen, membri; Couturat and
Leau, sekretarii.
Pluse , S.Ostwald exprimis la deziro ke la Linguala Komitato studias
tam rapide kam posible « la projeto di linguo adoptita » quan
la Permanenta Komisiitaro precitata prezentos ad ol balde.
Me sendis a S.Ostwald recevo-konfirmo di sua informo, noyante oficiale
la decido di Komitato di la Delegitaro adoptar principe l’Esperanto,
ma kontestante per anticipado la yuro ke ca decido semblas adjudikar
a la Permanenta Komisiitaro por realigar sub olua propra autoritato la
chanji quan ol konsideras necesa.
Pri la deziro procedar tam rapide kam posible, me remarkigis a S.Ostwald
ke tala importanta afero ne povas studiesar instante e ke me bezonis
anke sat tempo por korespondar kun la doktoro Zamenhof e la membri di
Linguala Komitato di la tota mondo.
Vu memoreskas certe ke a la Kongreso di Cambridge la Linguala Komitato
komisabis Siori de Beaufront, Christaller, Jamin et Rhodes por konsultar
kun me pri l’aferodi la Delegitaro. Proke S.de Beaufront aceptabis ,
altralatere, divenar membro di la Permanenta Komisiitaro di la Delegitaro
e pro ke povesas ke kelka membri di sub-komitato selektita ne povis irar
en Paris, me propozas ke vu permisez a me remplasar S.de Beaufront e
la personi absenta kun altra membri di Linguala Komitato ke me selektos
inter la sequanta individui : Bein, Bourlet, Cart, Fruictier, de Lengyel. Me
propozas anke ke la komitato kaze neceseso esez kapabla askoltar individui
kompetenta extera a la komitato, pri aferi gramatikala o teknikala exemple
Siori Aymonnier, Bricard, de Saussure, Verax.
Me pregas vu respondar a ca lasta propozo sen fristo e samtempe komunikez
a me vua avizo pri la decido di Komitato di la Delegitaro.
Kun sincera respekto
La
prezidero di Linguala Komitato
E. Boirac
(Traduko : L.Landais, septembro 2006)
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